C.V. ou “Bibliographie thématique en contexte Biographique”

C U R R I C U L U M    V I T A E

BIBLIOGRAPHIE thématique

en contexte BIOGRAPHIQUE

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JENNY  Jacques, Christian, Marie

né le 3 janvier 1932 à PARIS – marié, 3 enfants

de nationalité française – Service national accompli d’avril 1952 à octobre 1953

 

Domicile personnel : 65 rue Henri Barbusse, 91330 YERRES – FRANCE

Dernière adresse professionnelle : G.E.D.I.S.S.T., I.R.E.S.C.O., 59 rue Pouchet, 75017 PARIS

adresse électronique : jacquesjenny@aol.com

 

ETUDES

Baccalauréat en juillet 1948 (Section Philosophie)  Mention Assez Bien

Licence Libre de la Faculté des Lettres de PARIS-Sorbonne en novembre 1954

avec les certificats suivants :

– Etudes Littéraires Générales (mai 1949)

– Psychologie Générale (novembre 1950)

– Psychologie de l’Enfant et Pédagogie (novembre 1950)

– Psychologie de la Vie Sociale (juillet 1954)

– Sociologie Générale (novembre 1954)

Elève titulaire de l’Ecole Pratique des Hautes Etudes (Section des Sciences Economiques et Sociales)


VIE ACTIVE

Apprentissage en atelier du métier de menuisier, à mi-temps d’octobre 1948 à mai 1950, sanctionné par le C.A.P. de menuiserie du bâtiment (juin 1950).

Participation à des enquêtes de sociologie religieuse, puis ouvrière, rurale, puis urbaine, sous la direction de P.H. Chombart de Lauwe, comme vacataire à mi-temps, puis comme collaborateur technique (I.T.A. du C.N.R.S.) de septembre 1954 à octobre 1955, et comme responsable d’enquêtes (au Centre d’Etudes des Groupes Sociaux, association loi 1901), de novembre 1955 à septembre 1957.

Chercheur au C.N.R.S. (Section de Sociologie et Démographie) depuis octobre 1957, dans le cadre du Groupe d’Ethnologie Sociale – devenu le Centre d’Ethnologie Sociale et de Psycho-Sociologie (C.E.S.P., dirigé par P.H. Chombart de Lauwe) puis le Centre de Recherches Interdisciplinaires sur les Transformations Sociales (C.R.I.T., dirigé par Z. Strmiska) – et enfin au Groupe d’Etudes sur la Division Sociale et Sexuelle du Travail (G.E.D.I.S.S.T., dirigé par Danielle Chabaud-Rychter puis par Helena Hirata) depuis décembre 1991 :

– Stagiaire de recherches d’octobre 1957 à septembre 1959

– Attaché de recherches d’octobre 1959 à septembre 1966

– Chargé de recherches d’octobre 1966 à fin décembre 1997, avec une mise à la disposition de l’Université de Montréal (Québec) comme enseignant de sociologie d’août 1967 à août 1969.


FONCTIONS COMPLEMENTAIRES

Chargé de cours à la VIème Section de l’Ecole Pratique des Hautes Etudes, dans le cadre de l’Enseignement Préparatoire à la Recherche en Sciences Sociales en 1966 et 1967, puis à l’E.H.E.S.S. dans la direction d’études de P.H. Chombart de Lauwe de 1970 à 1975.

Nombreuses interventions comme consultant en méthodologie sociologique ou comme animateur de stages de formation permanente tant auprès de membres du C.N.R.S. ou de doctorants qu’auprès d’autres organismes publics et associations de statut privé.


DEPART A LA RETRAITE : le 1er janvier 1998 – Fonctions “bénévoles”

Cofondateur et animateur du réseau ARCATI (Atelier-Réseau Coopératif pour Analyses Textuelles Informatisées), à l’Iresco – de décembre 1999 à octobre 2002, ce qui m’a valu d’être coopté comme :

– membre nommé du Conseil scientifique de l’Ecole Doctorale de Sciences sociales de l’Université de Paris-8 (Saint-Denis), jusqu’en 2003,

– membre du Comité d’organisation de la revue Langage et Société (publications de la M.S.H. de Paris), jusqu’en 2005.



THEMES  de  RECHERCHE  et  CENTRES  d’ INTERET  DOMINANTS

PRODUCTION  de  TEXTES,  de  MÉTHODES  et  d’ OUTILS

– par  période –

 

1952-55Morphologie sociale de zones rurales et urbaines (Morvan, Agglomération bordelaise, Nouveaux ensembles d’habitations collectives à Paris et en Province) et contribution technique à la thèse de doctorat d’Etat de P.H. Chombart de Lauwe sur “La vie quotidienne des familles ouvrières” – Ed. du CNRS, Paris, 1956.

* Une région détériorée : le Morvan, en collaboration avec P. Vieille et L. Couvreur, in Esprit, XXIII-6, juin 1955, pp. 986-1004.

* Satisfaction et désirs de changements en fonction des logements existants, en collaboration avec L. Couvreur et J.L. Palierne, in Informations sociales, n° 9, octobre 1955, pp. 981-991.

* Etude sociologique de l’agglomération bordelaise : les structures de l’agglomération, en collaboration avec R. Devauges et P.H. Chombart de Lauwe. Rapport d’enquête ronéotypé, 1956, 220 p. et 145 cartes.

* Compte-rendu d’une mission dans trois villes nouvelles de l’orbite londonienne, en collaboration avec P. Labat, in Recherches sur la vie sociale en milieu urbain, Centre d’Etudes des Groupes Sociaux, Année 1960, Fascicule 3, pp. 53-67.

* Lieu de travail et résidence, en collaboration avec P.H. Chombart de Lauwe, in Traité de Sociologie du Travail, sous la direction de G. Friedmann et P. Naville, Ed. A. Colin, Paris, 1961, pp. 325-346.

 

1956-57 – Psycho-Sociologie de l’Habitation (en nouvel habitat collectif).

* Participation à un ouvrage collectif dirigé par P.H. Chombart de Lauwe : Famille et Habitation, Tome II – Un essai d’observation expérimentale – Ed. du CNRS, Paris, 1960 – notamment :

– ch. IX – Le jeune dans sa famille et dans le logement, pages 197-220,

– ch. X – Le jeune hors de sa famille et dans la cité, pages 221-237.

* Logement et comportement des ménages dans trois cités nouvelles de l’agglomération bordelaise, in Cahiers du C.S.T.B., Paris, novembre 1958.

 

1956-61 – Psycho-Sociologie de l’Adolescence et des équipements de loisirs en milieu résidentiel urbain.

* Les équipements socio-culturels pour les jeunes dans les nouveaux groupes d’habitation. (problèmes psycho-sociologiques). Ed. Education et Vie Sociale, Paris, 1961, 87 pages.

 

1959-66 – Besoins et Aspirations des adolescents et jeunes-adultes de milieu urbain en matière d’équipements socioculturels [sélection d’articles dits de “valorisation”].

* Les bandes spontanées d’adolescents, hypothèses de recherche d’après une enquête, in Belles Vacances (revue des organisations de jeunesse laïques), n° 10, été 1959, pages 5-14.

* Comportement et psychologie des adolescents dans les grands ensembles, in Echanges (Regard chrétien sur le monde d’aujourd’hui), n°  54, spécial « Grands ensembles d’habitation », Novembre 1961, pages 27-29.

* Contribution à la définition des besoins et des aspirations des «jeunes» (13-25 ans) auxquels doivent répondre les «institutions» et les équipements socio-culturels de milieu urbain, in Le groupe familial (Ecole des Parents et des Educateurs), n° 15-16, Avril-Juillet 1962, pages 70-81.

* Les besoins des adolescents en matière d’équipements socioculturels, in Réalités familiales (U.N.A.F.), n° 15, 1963, pages 69-75.

* L’organisation des loisirs des jeunes, in L’école des parents, n° 9, Juillet-Aout 1963, pages 11-21.

* Jeunesse ouvrière et culture, in L’Education Nationale, n° 21, 6 juin 1963, pages 14-16.

Des Maisons de Jeunes : pour quoi faire et comment les faire ?, in Equipement pour la jeunesse, les sports, les loisirs, n° hors-série “Implanter, construire, aménager, équiper, financer, les maisons des jeunes et de la culture”, mars 1966, pages 74-79.

 

1961–> – Psycho-Sociologie du Processus de “maturation sociale” de l’enfance à l’âge dit adulte et Sociologie des Rapports de générations.

* La maturation sociale des “jeunes adultes”, in Seuils d’âge et législation pénale. Contribution à l’étude du problème des jeunes délinquants, ouvrage collectif sous la direction de A. Besson, pages 47-68. Publications du Centre d’études de défense sociale (Institut de Droit comparé de l’Université de Paris), Ed. Cujas, 1961.

* Le comportement et les aspirations socio-culturels des “jeunes-adultes” et adultes jeunes en milieu ouvrier urbain (enquête d’exploration sur la culture ouvrière dans la France de 1960 – pour le Centre de Culture Ouvrière). Rapport ronéotypé de 35 p., 1961.

La maturation sociale : Thème de recherche psycho-sociologique appliqué à l’étude de la jeunesse (approche bibliographique), in Revue Française de Sociologie, III-2, avril-juin 1962.

* Traduction de l’article ci-dessus dans la revue polonaise de sociologie Przeglad Socjologiczny, Lodz, 1963, Tom XVII-1, pages 67-89.

* Le processus de maturation sociale de l’adolescence à l’âge adulte en milieu urbain contemporain. Rapport de convention de recherche pour la D.G.R.S.T., Paris, 31 décembre 1965, 33 pages.

* Physionomie de la jeunesse en grande ville. Caractéristiques psychologiques et sociologiques, in Session européenne “Grandes Villes”, Lormoy, 4-10 février 1967, texte dactylographié de 22 pages.

* Rapports de générations … en rapport avec … Rapports de sexes, Rapports de classes sociales et autres Rapports sociaux fondamentaux : ébauche de construction théorique d’un objet complexe, in Jeunesses et Sociétés, N° 2, Paris, mai 1984.

* Même article, dans Annales de Vaucresson, N° 30-31 (spécial “Générations”), 1991, pp.25-45.

Les discours sociaux sur “la jeunesse” dans les années 60 : production, circulation, évolution et articulation aux pratiques sociales et représentations collectives, in “La jeunesse en questions. Orientations de recherche et sources documentaires en sciences sociales”, La Documentation Française, sous la direction de J.Ch. Lagrée et P. Lew-Faï, Paris, 1983.

* Les jeunesses et le phénomène politique dans le Québec contemporain : proposition d’un cadre conceptuel d’analyse et inventaire des recherches empiriques. Manuscrit de 31 p. et bibliographie annexe, refusé sans motif par la revue Sociologies et Sociétés, (Université de Montréal), 1969.

 

1967–> – Epistémologie des sciences sociales, Propositions théoriques et méthodologiques générales (recherche et enseignement, à Paris et à Montréal).

* Proposition pour l’élaboration d’une conception épistémologique cohérente et pour son application à la recherche en sciences sociales, in Epistémologie Sociologique, N° 6, Paris, 2ème semestre 1968, pp. 65-78.

* Propositions pour l’élaboration de “cadres de référence conceptuels” concernant les “dimensions constitutives fondamentales” de l’analyse des rapports (dialectiques et dynamiques) entre les instances de la pratique sociale (personnes, groupes, classes et “formations sociales” ou “sociétés globales”). Document interne au C.E.S.P., Montrouge, 1975, 35 p., non publié.

* Structure sociale et processus de changement : contribution à la rédaction du Rapport d’activité du CNRS, 1971-1974. Projet d’article refusé sans motif par la revue Sociologie du travail, mars 1975.

* Un peu d'”épistémologie-pratique-et-politique” autocritique. Confession d’un “vieux chercheur”, “militant-cherchant”. Communication orale in Les jeunes et l’animation socio-culturelle. Journées d’études des 7-8-9 mai 1979. Département des carrières sociales de l’I.U.T. – B, Université de Bordeaux III, pages 13-23.

* Propositions pour un projet scientifique de convergence et coordination des recherches du C.E.S.P.S. (Centre d’Ethnologie Sociale et de PsychoSociologie). Document interne au C.E.S.P., Montrouge, avril 1983, 7 p., non publié.

* Le traitement de la complexité (répartitions numériques et corpus textuels). Document non publié, 4 p., C.R.I.T., Paris, 1988.

Types homogènes calculés et/ou classes significatives construites. Réflexions épistémologiques sur les modes de traitement de la complexité, in Enquêtes statistiques et indicateurs des pratiques familiales, IRESCO, mars 1989, pp. 67-75.

* Rapports sociaux de sexe et autres rapports fondamentaux de dominance sociale : pour une intégration conceptuelle des rapports sociaux fondamentaux. Cahiers du GEDISST, 1995, n° 13, pp. 109-130.

* Un nouveau paradigme pour penser le changement ? le processus d’ individuation transductive, selon Gilbert Simondon. Les Cahiers de l’Implication, n° 1 – Groupe de Sociologie Institutionnelle. Université de PARIS-VIII, Département des Sciences de l’Education, Printemps 1998, pp. 31-44.

* Quelles logiques de recherche ? Article introductif d’un n° spécial de la revue Utinam (revue de sociologie et d’anthropologie), consacré à “L’analyse des trajectoires : Ressources qualitatives et quantitatives ? Questionnaires et entretiens face aux trajectoires : quels appariements ?”. Paris, Editions L’Harmattan, 2000, pp. 20-47.

Le gai savoir des sociologues, in Institution et Implication. L’œuvre de René Lourau, sous la direction de Ahmed Lamihi et Gilles Monceau, pp. 127-136. Ouvrage collectif d’hommage posthume au sociologue René Lourau. Paris, Editions Syllepse, 2002.

“Quanti / Quali” = distinction artificielle, fallacieuse et stérile ! Communication pour le 1er Congrès de l’A.F.S. (Association Française de Sociologie), Groupe RTF-20 (Méthodes), Villetaneuse – 25 février 2004.

Analyses sociologiques des discours : préalables théoriques et méthodologiques, communication aux Journées Internationales du CAPAS (CAPitalisation et Analyse Secondaire) à la M.S.H. des Alpes, Grenoble, 3 et 4 novembre 2005. Projet de publication collective sous le titre “Analyses secondaire en recherche qualitative : enjeux pour les sciences humaines et sociales, Paris, Éditions Lavoisier. Projet non abouti.

Propositions théoriques pour une méthode d’analyses sociologiques des discours, avec la collaboration de Dimitri Della et Elias Rizkallah, in Cahiers de RECHERCHE SOCIOLOGIQUE, n °54, Hiver 2013 – spécial “Regards croisés sur l’Analyse du discours”, pp. 39-69.

 

1966–> – Conception et élaboration d’Outils statistiques de traitement des données complexes.

* La naissance et/ou le diplôme. Analyse Structurelle des Interférences (A.S.I.) observables dans une table de mobilité sociale intergénérationnelle à trois dimensions. Essai de décomposition booléenne des relations numériques impliquées dans une structure complexe, in Informatique et Sciences Humaines, n° 39, Paris, décembre 1978, pp. 11-96.

* Proposals for a Descriptive Analysis of Multidimensional Contingency Tables of unarrayed Numerical Distributions, in Quality and Quantity, N° 15-4, août 1981, pp. 365-401.

* Problèmes méthodologiques, en Annexe à un article de Z. Strmiska : La mobilité sociale des sociétés de type soviétique dans une perspective comparative, in Egalité et inégalités en Europe de l’Est, Ouvrage collectif sous la direction de P. Kende et Z. Strmiska, Presses de la F.N.S.P., Paris, 1984, pp. 207-214 (j’affirme être co-rédacteur de cette Annexe malgré l’oubli de ma signature par les auteurs principaux).

Apport de la méthode A.S.I. dans une analyse secondaire. Bulletin de Méthodologie Sociologique (B.M.S.), n° 8, octobre 1985, pp. 4-51.

 

1975–> – Sociologie de la Connaissance et des Pratiques socio-cognitives et Analyse de Discours Sociaux.

* A propos du “fonctionnement” du Comité National de La Recherche Scientifique. Quelques commentaires sur la session de printemps 1971 de la Commission de Sociologie et Démographie : le langage élitiste de “nos patrons”. Document syndical, 1971.

Discours sociaux sur “la jeunesse” dans les années 60, Paris, 1983 (cf. plus haut).

* Vraiment ? Pratiques socio-cognitives concernant la “réalité sociale”, in Le Sujet et l’implication, Ouvrage collectif sous la direction de Jacqueline Feldman et Françoise Laborie, Ed. du C.N.R.S., Paris, 1986, pp. 245-265.

* Quelques usages de la notion de solidarité dans les textes et les discours sociaux, politiques et scientifiques, en collaboration avec Alain Drouard et Michèle Eysseric. Rapport de convention de recherche avec la MIRE (Ministère des Affaires Sociales et de la Solidarité Nationale), Paris, 1986.

 

1964–> – Conception et élaboration ou critique d’Outils matériels et logiciels de traitement des données.

Les fiches perforées par caractéristique et leur application aux enquêtes par questionnaire, in Revue Française de Sociologie, V-4, octobre-décembre 1964, pp. 416-434.

* Abaque de calcul informationnel. Rapport et prototype déposés à la Commission des Brevets du C.N.R.S. en 1966 (projet rendu caduc par l’apparition des calculettes à fonction logarithmique intégrée).

* Prototype de photocompteuse électronique pour traitement de l’information par caractéristique, en association avec la société CETEL (Rueil-Malmaison). Projet de valorisation rendu caduc par la diffusion des micro-ordinateurs de bureau dès 1975.

 

* Bilan techno-méthodologique et perspectives offertes par la nouvelle micro-informatique décentralisée, in Bulletin de Méthodologie Sociologique, n° 4, pp. 36-40. 1985

* Les Nouveaux Systèmes Documentaires, in Archimag, n° 6, juillet-oct. 1986, pp. 15-17.

* “Interfaces” pour la recherche documentaire (analyse de structure et normalisation de fichiers bibliographiques télédéchargés) : Programme informatique X-DB, 1989.

* Adaptation de ce programme à une recherche biographique sur la Nomenklatura soviétique : cf. Chapitre 10 de Computer Aided Sociological Research, J. Gladitz and K.G. Troitzsch Eds., Akademie-Verlag Berlin, Berlin, 1990, intitulé :

* East Meets West : Official biographies of the members of the Central Committee of the Communist Party of the Soviet Union between 1981 and 1987 analysed with Western Social Network Analysis Methods, en collaboration avec K.M. Van Meter, Ph. Cibois et L. Mounier, pp. 223-232 (je reconnais n’avoir pas pris part à la rédaction de ce texte malgré l’accueil de ma signature par les auteurs principaux).

* Enrichissement du logiciel SADE (Saisie Assistée et Dépouillement d’Enquêtes, Université de Franche-Comté), notamment par des modules d’édition synoptique des tris simples et croisés, d’analyse de Questions à Choix Multiple (Q.C.M.) et de “Questions-Tableaux”, d’analyse des “Mots-En-Contexte” (M.E.C) pour réponses en langage naturel (1987-1995).

Logiciel KALEIDOS pour analyse multidimensionnelle de “patrons de réponses” à des batteries de questions (traitement de la complexité dans la perspective de l’école statistique “intuitionniste”) aux fins de classification par agrégation, tableaux de Burt “à géométrie variable” (1988-1991).

Logiciel A.S.I. pour application de la méthode d’Analyse Structurelle des Interférences, et autres méthodes d’analyse tabulaire inconnues ou méconnues en France (“standardisation des marges” pour neutralislation des effets de structure, traitement spécifique des “zéros structurels”, graphiques barycentriques triangulaires,…), à tout tableau de contingence à 2 ou 3 dimensions (1989-1995).

* La micro-informatisation des pratiques d’analyse de “données primaires” (enquêtes et corpus textuels) en recherche sociologique : propositions d’orientation épistémologique pour la création de deux groupes articulés de Veille-évaluation technométhodologique”. Texte refusé par le B.M.S. (Bulletin de Méthodologie Sociologique), 1991.

* Avant-projet de création d’un Bureau des méthodes logicielles (ou recherches méthodologiques en traitement de la complexité), document de 4 pages soumis sans succès à l’appréciation de l’U.S.R. de l’IRESCO, février 1991.

* Proposition pour le futur IRESCO : Atelier de travail méthodologique (projet de développement de nouveaux logiciels d’analyse d’enquêtes sociologiques et de recherche documentaire). Document de 9 pages remis à l’ancienne direction de l’IRESCO, sans accusé de réception, mai 1994.

* Analyses de contenu et de discours dans la recherche sociologique française. Pratiques micro-informatiques actuelles et potentielles. In : Qualitative Sociology and Computer Programs: Advent and Diffusion of Computer-Assisted Qualitative Data Analysis Software (CAQDAS). Mangabeira Wilma (1996), editor, Current Sociology (44-3), hiver 1996, pp. 187-321.

Méthodes et pratiques formalisées d’analyse de contenu et de discours dans la recherche sociologique française contemporaine. Etat des lieux et essai de classification. Bulletin de Méthodologie Sociologique (B.M.S.), n° 54, mars 1997, pp. 64-112.

* Pour engager un débat avec Max Reinert, à propos des fondements théoriques et des présupposés des logiciels d’analyse textuelle. Langage et Société, n° 90, décembre 1999, pp. 73-85.

Quelques notes documentaires ou bibliographiques sur les pratiques d’analyses textuelles informatisées, à diffusion restreinte – dans le cadre du réseau ARCATI (Atelier-Réseau Coopératif pour Analyses Textuelles Informatisées), fondé en 1999.

* Compte-rendu bibliographique paru dans Langage et Société, n° 109, septembre 2004, pp. 98-109 – et contribution au débat – sur “Prospéro. Une technologie littéraire pour les sciences humaines», ouvrage de Francis Chateauraynaud, CNRS Editions, Coll. Communication, 2003.

* Des enquêtes sociologiques à la règle à calcul, in Les génies de la science, n° 25, novembre 2005-février 2006, p.22.


DIVERS

l’Université, a quoi ça sert ? in Bulletin du SPUM (Syndicat des Professeurs de l’Université de Montréal), vol III – n° 1, octobre 1968.

* Compte-rendu bibliographique de l’ouvrage de Bianca Zazzo : Psychologie différentielle de l’adolescence, in Revue française de pédagogie, n° 2, janvier-février-mars 1968.

* Témoignage personnel à propos de “Nicole de Maupéou-Abboud et le GSSJ (Groupe des Sciences Sociales de la Jeunesse”, in Jeunesses et Sociétés, n° 13, juin 1990.

* Compte-rendu bibliographique de l’édition commentée du texte de Karl Mannheim : Le problème des générations (traduction par Gérard Mauger et Urania Perivolaropoulos, introduction et postface par Gérard Mauger), in les Annales de Vaucresson, 1991.

* Participation à une pièce de théâtre filmée, dans le rôle de Max Weber, intitulée “Les Weber en visite chez les Durkheim”, selon un texte de Claude Javeau (Un dialogue philosophique … sur la liberté et le déterminisme. Bruxelles, Les Eperonniers, 1989). Production LOFTA, Service audiovisuel de l’UFR 8 de Paris-8.

Fraternel hommage à Françoise Tétard, historienne. Contribution à la journée d’hommage à Françoise Tétard (décédée le 29 septembre 2010), qui a eu lieu au Centre d’Histoire Sociale du XXème siècle, à Paris le 17 septembre 2011.


 

A N N E X E

Quelques éléments biographiques complémentaires du C.V. administratif  ….

…. pour évoquer l’impact des environnements contextuels (relations professionnelles, émulation, esprit coopératf ou compétitif et soutiens humains, actualité technologique, économique et socio-politique dont : financements, assistances techniques, modes intellectuelles, …), mais aussi l’impact du moral du chercheur (ambitions, degré de confiance en soi, isolements et découragements passagers, tendance à procrastiner, …) sur les orientations de la recherche, et sur l’évolution des projets.

Tout d’abord, je ne voudrais pas nier l’importance du hasard dans les découvertes qui jalonnent le processus de recherche, ces « trouvailles » qui n’étaient pas toujours prévisibles dans les projets initiaux.

C’est ce qu’on nomme la « sérendipité », que commente un court texte récent que j’ai reproduit dans la page suivante de mon site : http://jacquesjenny.com/legs-sociologique/?page_id=1338

Et je ne crois pas au simple déterminisme selon lequel nous serions téléguidés par nos origines, notre enfance et notre jeunesse – encore que je reconnaisse volontiers une influence de notre passé, mais n’est-ce pas un truisme de le rappeler sans autre démonstration précise et nuancée ?

Pour l’instant, je voudrais seulement évoquer ici une étape cruciale de mon parcours professionnel, dans la deuxième moitié des années ‘1960-‘ au cours de laquelle mon laboratoire de recherche, auquel j’appartenais depuis une 12aine d’années, a connu une grave crise intellectuelle qui a eu de profondes répercussions sur les choix et les environnements de travail de plusieurs de ses chercheurs, dont moi-même.

Notre laboratoire avait la particularité, rare à cette époque, de regrouper des chercheurs relevant d’au moins trois disciplines scientifiques des sciences humaines et sociales – selon leur curriculum universitaire et selon leur commission de rattachement au Comité National du CNRS : quelques rares ethnologues, dont le patron fondateur Paul-Henri Chombart de Lauwe, quelques rares psychologues ou psychologues sociaux, dont la femme du patron – Marie-José – et une majorité de sociologues, dont plusieurs étaient encore de jeunes “hors-statut”.

D’où la nécessité récurrente d’un débat interne de fond à chaque échéance administrative d’évaluation collective (tous les quatre ans pour le CNRS), pour justifier l’intérêt scientifique de ce regroupement pluridisciplinaire – dont l’objectif commun se définissait ainsi :

“analyser les rapports dialectiques entre la société globale, les groupes et classes sociales et les individus”

Dans la plupart des laboratoires de recherche hétérogènes du CNRS, l’élaboration de ces rapports d’activité collective était laborieuse et donnait parfois lieu à des confrontations plus ou moins conflictuelles – notamment (mais pas seulement) selon le mode de gouvernance du patron, allant de la démocratie à l’autoritarisme. Et la cohérence, sinon la convergence, entre les recherches des uns et des autres n’y apparaissait pas toujours évidente.

Dans notre laboratoire, nous n’étions même pas d’accord entre nous sur la manière de désigner cette démarche non mono-disciplinaire et le type de relations mutuelles (et de division du travail scientifique) à pratiquer au sein de notre labo entre nos différentes disciplines personnelles pour réaliser cet objectif commun :

– soit, pour la grande majorité d’entre nous (comme le prescrivait le patron), des relations pluri- ou multi- disciplinaires, consistant à juxtaposer des recherches mono-disciplinaires, voire aussi mono-thématiques [1], aux problématiques et grilles de lecture bien codifiées, dont la synthèse revenait de droit au patron du labo – assisté ou non des chercheurs les plus anciens. C’était la manière « classique », et la plus répandue, de répondre au constat quasi-unanime de la « complexité » des faits sociaux ;

– soit, pour certains dont je faisais partie, des relations inter- voire trans-disciplinaires, consistant à fonder des problématiques et grilles de lecture transversales originales, nécessairement plus complexes. C’était plus ambitieux, avec le risque de déplaire au patron s’il n’en avait pas l’initiative – ce qui fut le cas au point de provoquer un conflit ouvert avec notre patron de labo, jusqu’à des exclusions ou des départs volontaires douloureux. Et cette crise ne put pas aboutir à la création d’une nouvelle équipe dissidente, comme c’était parfois le cas ailleurs – car les exclus n’avaient pas de contre-projet suffisamment homogène, ni de leader suffisamment ambitieux et/ou charismatique.

Pour ma part, je venais de formuler des propositions théoriques générales dans mon rapport d’étape pour la DGRST (décembre 1966) sur ma grande recherche empirique concernant “le processus de maturation sociale des adolescents et jeunes-adultes en milieu urbain français contemporain”.

On conviendra que ce thème semble particulièrement qualifié pour contribuer à l’objectif commun de notre labo (“analyser les rapports dialectiques entre la société globale, les groupes et classes sociales et les individus”). Ma contribution spécifique consistait à complexifier cette analyse en la problématisant à l’aide d’un paradigme ambitieux articulant sur le mode de l’ « algèbre combinatoire » les deux dialectiques “Concret-Abstrait” et “Etre-Valeur”, dialectiques ainsi désignées comme “Dimensions Constitutives Fondamentales” de ce rapport de génération “en réciprocité de perspectives” (comme aurait dit mon ancien maître un peu oublié Georges Gurvitch) impliquant Personnes, Groupes, Classes et Société globale … [3]

Et, s’agissant d’un processus dynamique (la maturation), il fallait d’emblée inscrire ce paradigme dans une dynamique temporelle, diachronique – qu’on peut ainsi représenter schématiquement : «personne en devenir <—> société en évolution». En ce qui me concerne cette problématique ne pouvait que s’inspirer des toutes nouvelles propositions philosophiques de Gilbert Simondon concernant le “processus d’individuation“, qui met en jeu des concepts tels que métastabilité, potentiels, dans un schéma de relations orientées non pas causalement comme on le conçoit habituellement (Société –> Nouveaux Citoyens) mais selon le schéma “en croix de St-André”, dit aussi “en chiasme” [4].

Au beau milieu de la crise interne de notre labo, évoquée plus haut, j’ai eu la naïveté (ou l’orgueil ?) de croire que ce genre de problématiques originales étaient susceptibles de fournir à nos différentes recherches individuelles des grilles de lecture communes, sinon dans leur totalité complexe du moins dans certaines de leurs combinaisons fondamentales.

Dès 1967, j’avais proposé à mon patron de soumettre ces paradigmes à l’appréciation de notre Conseil scientifique – avec le projet d’en faire le fonds théorique commun d’une convergence potentielle des recherches des uns et des autres. Que n’avais-je pas dit là ?

Le syntagme nominal usuel “grille de lecture” l’effrayait à cause de la connotation du mot “grille” qui évoque effectivement un risque d’enfermement mental là où on ne cherche qu’à élaborer les outils intellectuels nécessaires pour interroger et interpréter le réel sous observation : comment donc un observateur scientifique peut-il prétendre se passer d’outils intellectuels pour aller à la rencontre des faits sociaux, si complexes, et parfois si éloignés de nos représentations préformatées ?

Est-ce seulement concevable que quiconque puisse voir sans regarder, entendre sans écouter, comprendre sans lire activement, bref con-naître le réel sans lui poser des questions pertinentes pour le mettre à l’épreuve ?

Et n’y a-t-il pas plus pernicieuses grilles de lecture que celles qu’on emploie (nécessairement) sans le savoir, et qu’on traite par le déni au lieu de les « mettre sur la table » pour un examen critique ?

Tel était donc le climat conflictuel dans lequel j’avais vainement essayé de partager mes nouvelles propositions paradigmatiques, à la recherche d’une coopération féconde : là où la complexité de mes ambitions intellectuelles exigeait une confrontation avec des collègues poursuivant le même projet ou du moins des projets convergents, la dégradation de l’ambiance du labo m’a contraint de m’éloigner, de prendre le large… pour respirer.

L’occasion de cet éloignement salutaire s’est alors présentée sous la forme d’une proposition de contrat d’enseignement de deux années au Département de sociologie de l‘Université de Montréal (dans le cadre de l’opération « Révolution tranquille » du Président Canadien Pierre Elliott Trudeau), que j’ai aussitôt acceptée avec soulagement : pendant cette mise à disposition j’ai bénéficié d’un accueil chaleureux auprès de collègues qui – loin de partager le même projet de fondation trans-disciplinaire – étaient …

– soit déjà orientés vers les paradigmes du fonctionnalisme systémique alors dominant sur le continent nord-américain (sous l’emprise de Talcott Parsons)

–  soit, surtout pour les autres enseignants venus de Paris, préoccupés de transmettre les paradigmes et les travaux de leur ancien patron ou mentor (dans l’ordre alphabétique : Althusser, Crozier, Dumazedier, Lefebvre, Robinson, Touraine).

Parmi les enseignants québécois comme parmi les autres francophones de l’Université, moi qui ne représentais que ma petite personne, c’est avec les esprits libres que j’entretenais les meilleures relations amicales et professionnelles – mais sans parvenir à établir des collaborations fécondes [5]

A mon retour en France après deux ans d’absence – alors que mon ancien labo avait été recomposé avec de nouveaux collègues qui jouaient chacun leur partition – j’ai vainement tenté à plusieurs reprises de relancer le débat sur ce problème récurrent de la convergence de nos recherches personnelles autour de la problématique commune, inchangée dans les déclarations d’intention : “analyser les rapports [dialectiques] entre la société globale, les groupes et classes sociales et les individus”

Cette question de fond et d’orientation avait d’ailleurs été encore posée en mon absence en réunion du Conseil scientifique de mon labo pendant ma mise à disposition à l’Université de Montréal (le 7 février 1968 à Montrouge) – et j’en avais reçu un bref compte-rendu écrit que je résume ci-dessous, où il apparaît que mes propositions ambitieuses du jeune chercheur que j’étais (à 35 ans, avec “seulement” 15 ans d’expérience professionnelle) furent jugées prétentieuses par mon patron, qui restait à la fois mon directeur de recherche personnel et le directeur de mon laboratoire de rattachement en France :


 « Pour nous, Centre d’Ethnologie sociale et de Psycho-Sociologie (CESPS, laboratoire mixte CNRS–EHESS, qu’est-ce que c’est la psychosociologie ? »

Au terme du tour de table, il fut constaté qu’il n’y avait pas unanimité sur la définition de cette “discipline” qui figurait pourtant dans le nom de l’équipe – avec même en exergue la précision suivante quant aux objectifs assignés à tous ses chercheurs :

“analyser [en réciprocité de perspectives] les rapports dialectiques entre la société globale, les groupes et classes sociales et les individus”

Mais P.H. Chombart de Lauwe [dir. du CESPS] tint à m’impliquer ainsi dans ce débat :

“[Je reconnais] la valeur du travail de Jacques mais pas [en tant que] fond commun des recherches du Centre.

“il ne peut pas y avoir un schéma qui s’applique à tout et à tous.

“la combinatoire (sic) s’adapte à chaque sujet.

[Notre] effort de recherche [doit porter sur] la ligne qui nous intéresse [relations Personnes – Groupes – Société] ….”


On peut voir dans cette allusion à la “valeur de mon travail” comme une trace de nos échanges improductifs, et comme un signe du pouvoir mandarinal ambivalent qu’exerçaient alors (et maintenant encore ?) même les patrons réputés humanistes et de gauche.

On peut y voir aussi la méfiance à l’égard de toute grille de lecture et d’analyse pour les recherches empiriques, comme si on pouvait observer et comprendre les faits sociaux sans grille de lecture … !

Cette grille de lecture, qui effrayait mon patron par crainte d’un « enfermement » sclérosant, se référait aux propositions théoriques générales que j’avais formulées dans mon rapport d’étape pour la DGRST – décembre 1966 – sur ma grande recherche empirique concernant “le processus de maturation sociale des adolescents et jeunes-adultes en milieu urbain français contemporain”. Ces propositions, sorte de Manifeste, après avoir été exposées et débattues au Séminaire d’Epistémologie Sociologique de Nanterre (Jacques Maho, Piere Naville, Pierre Rolle) en 1967 ne furent publiées en article qu’après le Mouvement de Mai 1968 dans la revue Epistémologie Sociologique, n° 6, Paris, 2ème semestre 1968).

Cet article se terminait par une interrogation épistémologique sur les fondements mêmes de nos structures mentales et logiques – « épistémè » le plus souvent présupposé et implicite – interrogation que je cite ici in extenso pour signifier qu’elle allait orienter mes réflexions pendant toute ma « carrière » de chercheur en sociologie :

« [Or] la logique contemporaine [1]  n’est pas dépourvue d’axiomes ou de postulats mieux adaptés à nos postulats de l’épistémologie sociologique que la logique dite classique, fondée essentiellement sur les lois élémentaires de l’identité, de l’alternative (principes de non-contradiction et du tiers exclu) et de la double négation. Mais la division du travail et ses spécialisations nécessaires ont tellement accentué le fossé et accru la distance entre les logiciens de la logique formelle d’une part et les praticiens des diverses disciplines scientifiques d’autre part, qu’on attend encore les bienfaits d’une osmose ou tout au moins d’une communication réciproque féconde entre les uns et les autres.

C’est donc par un appel au secours à l’adresse des logiciens contemporains et futurs que se termine cette interrogation désespérée d’un jeune chercheur en sciences sociales. »


[1]  Cf. R. Blanche, Introduction à la logique contemporaine, Paris, A. Colin, 1957 – et surtout : Structures intellectuelles ; essai sur l’organisation systématique des concepts, Paris, J. Vrin, 1966.


Quant aux propositions de ma « grille de lecture » tant décriée, voire caricaturée, elles portaient sur les “Dimensions Constitutives Fondamentales” de tout rapport dialectique entre Personnes, Groupes, Classes et Société globale – sous la forme d’un paradigme ambitieux articulant sur le mode de l’ « algèbre combinatoire » la dialectique Concret-Abstrait et la dialectique “Etre-Valeur”, le tout s’inscrivant évidemment dans une dynamique temporelle, diachronique – qui s’inspirait des toutes nouvelles propositions philosophiques de Gilbert Simondon concernant le “processus d’individuation”.

Dès avant mon départ pour mise à disposition à l’Université de Montréal (en août 1967), j’avais proposé à mon patron, PH. Chombart de Lauwe, de soumettre ce paradigme à l’appréciation du Conseil scientifique de notre labo – avec le projet d’en faire le fonds théorique commun d’une convergence potentielle des recherches des uns et des autres.

Enfin, environ 40 ans plus tard, plusieurs années après mon départ en retraite, sous l’influence de mes travaux plus récents – y compris dans les eaux de la socio-linguistique- j’ai confirmé et précisé ce qui représente maintenant pour moi les principaux paradigmes fondamentaux de toute problématique sociologique qui inclut l’analyse des rapports de réciprocité entre les sociétés globales, les personnes individuelles, les classes sociales (au sens le plus large) et tous les groupes, réseaux et mouvements sociaux « intermédiaires » – dans une posture délibérément trans-disciplinaire.

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Projet de Conclusion provisoire, à développer,

en termes de paradigmes sociologiques fondamentaux

– que je souhaite léguer à la postérité

Dans la série des communications écrites ou orales de portée générale que j’ai faites périodiquement au Conseil Scientifique de mon labo, dès 1966 puis depuis mon retour en France en 1970 – aucune ne fut jamais prise au sérieux. Mais cela ne m’a pas découragé !

Bien au-delà de ma modeste contribution personnelle, je regrette surtout de ne pas avoir réussi à transmettre  les conceptions géniales de quelques auteurs qui m’ont foncièrement influencé mais qui semblent ne pas avoir franchi le mur de la notoriété. Je pense surtout à Gilbert Simondon et à Robert Blanché, dont on est loin d’avoir épuisé toutes les applications potentielles de leurs problématiques originales et fécondes ! Et que dire du silence qui enferme encore des notions comme “posture oxymorique”, plus subtile que les notions banalisées de “dialectique” ou “complexité” ou “injonction paradoxale” – l’oxymore pouvant être la figure de rhétorique privilégiée d’une pensée vivante en sciences sociales – vivante et transposable sur le plan social et politique (à condition de l’utiliser à bon escient) ….!

Ces paradigmes pourraient constituer la partie principale de mon « testament scientifique », car ils sont de portée très générale et constituent selon moi le socle nécessaire de toute recherche en sciences sociales, en amont de leurs spécifications thématiques les plus diverses – avec leurs paradigmes particuliers.


Brève Notice biographique Résumée, 2013

Jacques Jenny est un ancien chercheur en sociologie du CNRS (Centre National de la Recherche Scientifique, Paris), à la retraite depuis 1998.

Ses premiers travaux ont consisté en recherches empiriques de terrain dans plusieurs domaines successifs : morphologie sociale et sociologies rurale, urbaine, et de l’habitation, psychosociologies de la vie sociale informelle des jeunes en milieu péri-urbain et du processus de leur « maturation sociale » – sociologies des Rapports sociaux de génération, puis des Rapports sociaux de sexe, intégrés ensuite dans une conceptualisation générale de l’imbrication mutuelle des « Rapports Fondamentaux de Dominance Sociale » (R.F.D.S.), incluant aussi les autres Rapports sociaux de classe, d’ethno-culture, de gouvernance.

Ce faisant, il a développé :

– d’une part, des « paradigmes fondamentaux » pour l’analyse des rapports dynamiques et dialectiques entre individus, groupes, classes, milieux, mouvements, et réseaux et sociétés globales,

– d’autre part, des propositions d’ordre à la fois théorique et méthodologique, voire technologique, qui forment un ensemble épistémologique transdisciplinaire cohérent, avec un intérêt particulier pour les présupposés et les « outils de la pensée dialectique et complexe », et pour une posture « oxymorique ».

Après avoir longtemps œuvré et innové dans les méthodes et techniques d’ordre statistique, graphique et informatique, il s’était à la fin de sa vie active intéressé aux méthodes et techniques, y compris logicielles, d’analyse sociologique des discours – et à leurs préalables et présupposés théoriques, mettant en garde contre les ornières de la démarche lexicométrique.

Pour en savoir plus, on peut consulter son site Internet : http://jacquesjenny.com/legs-sociologique/

 



Renvois des Notes appelées dans le texte

[1] C’est ce modèle de coopération « gagnant-gagnant » qui a prévalu pendant la décennie précédente, au cours de laquelle j’ai eu l’opportunité de me perfectionner en recherche de terrain empirique, encadré par des « maîtres-compagnons », dans un secteur thématique que j’avais choisi (la vie sociale des adolescents et jeunes-adultes) et qui allait devenir le sujet d’une grande recherche ambitieuse sur « le processus de maturation sociale de l’enfance à l’âge dit adulte … ».

L’ouvrage collectif qui a résulté de ce travail coopératif dirigé par P.H. Chombart de Lauwe – et où j’ai rédigé les chapitres IX et X – est cité dans ma bibliographie (page 2 du présent fichier) sous le titre suivant : Famille et Habitation, Tome II – Un essai d’observation expérimentale – Ed. du CNRS, Paris, 1960.

[3] Accessoirement, je proposais aussi un autre paradigme pour structurer ce que j’appellerai plus tard la « cartographie des instances de la pratique socio-discursive » dans laquelle se meuvent et agissent les membres de toute société moderne, parmi lesquels les nouvelles générations de citoyens vont plus ou moins s’intégrer en transformant peu ou prou leur société – selon la dialectique «personne en devenir <—> société en évolution»

L’importance de ce paradigme n’était pas perçue il y a 50 ans – mais l’apparition des « réseaux sociaux d’un nouveau type », omniprésents avec des effets déstabilisateurs, nous oblige maintenant à mieux penser cette « cartographie sociale ».

[4] Gilbert Simondon étant alors un philosophe encore moins connu que maintenant, je renvoie aux pages de mon site Web où j’ai essayé de le faire connaître, de lui rendre hommage en reconnaissance de tout ce que je lu dois.

[5] une anecdote, parmi d’autres : sur la fin de mon détachement à l’Université de Montréal, j’ai présenté la requête suivante à Guy Rocher, (que j’avais connu auparavant dans mon labo Parisien, où il avait fréquenté mon patron Chombart de Lauwe), alors qu’il mettait la dernière main à son « Introduction à la sociologie générale » :

« accepterais-tu d’intégrer dans ton Manuel les paradigmes fondamentaux que j’enseigne dans mes cours d’épistémologie et de théorie sociologique et qui semblent intéresser mes étudiants (au point qu’ils ont pétitionné pour me demander de ne pas retourner en France) ? ».

Comme je m’y attendais, ce fut une fin de non-recevoir, motivée par la crainte que cela nuise à la cohérence de son Manuel – qui connut effectivement un franc succès dès sa parution.


 

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